En voici une bonne nouvelle pour les « verts » et autre amoureux de la nature. En effet comme l’avait suggéré certains Sénégalais, le président de la République a décidé ce jour, en conseil des ministres, l’érection d’un central Park à Dakar. Cela rentre dans le cadre de l’initiative « Sénégal Vert », informe le communiqué du Conseil dont une copie est parvenue à Klinfos.com.

« Le Président de la République, dans le cadre de l’initiative « Le Sénégal –Vert » a instruit le Gouvernement de réserver une zone de dix (10) hectares dédiée au projet de Parc forestier urbain de Dakar-Yoff », informe le communiqué du conseil des ministres.

Selon le document officiel, cet espace de détente, constitué d’un bois, de bocage, de marais et d’aires de jeu, sera une zone de promotion de la biodiversité floristique.

« Il a également décidé que ce parc sera adossé à la zone des trente (30) hectares affectés à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) sur l’emprise de l’Aéroport militaire Léopold Sédar Senghor de Yoff », précise le document.

Rappelons qu’un jeune entrepreneur franco-sénégalais répondant au nom de Mamadou Sakho, 34 ans, a lancé en janvier une pétition pour transformer l’aéroport Léopold-Sédar-Senghor en un Central Park local où les Dakarois viendraient s’oxygéner. Un projet à la fois personnel, citoyen et entrepreneurial.

Il avait alors touché une corde sensible chez bien des Dakarois mais devra surmonter des intérêts contraires: ceux de l’armée, qui occupe les lieux reconvertis en aérodrome militaire, et ceux de la promotion immobilière, qui capitalise sur l’explosion démographique dakaroise et ne manquerait pas de convoiter une telle manne foncière si elle se libérait.

L’initiative paraissait illusoire. Mais c’était pas pour de quoi décourager Mamadou Sakho pour autant.

«Ce qui me motive, c’est d’être un leader du changement et de créer une dynamique notamment auprès des jeunes», explique ce diplômé en marketing gestion des entreprises, créateur d’une société travaillant dans les espaces verts et la sensibilisation à l’environnement. Début mars, sa pétition avait recueilli près de 20.500 signatures.

Vue du ciel, la presqu’île de Dakar, à la pointe occidentale de l’Afrique, est une mosaïque de rues et de bâtiments où dominent les couleurs gris et sable. Les rares portions inexploitées dans cette région autrefois appelée Cap-Vert en raison de sa luxuriante végétation sont prises d’assaut par les promoteurs immobiliers ou par l’État.

Sur les images satellitaires, les trois pistes de l’aéroport Senghor et de leurs aires de dégagement, dans le quartier de Yoff, dessinent un ample «H» vert, rare exception dans la grisaille avec le parc forestier du quartier de Hann. Ces 600 hectares sont sous-utilisés depuis l’ouverture de l’aéroport international Blaise-Diagne fin 2017 à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Ils n’accueillent plus que des vols militaires et de rares délégations officielles.